Les publics sans-abri en bibliothèque publique

Je viens de lire Les publics sans-abri en bibliothèque publique, mémoire de l’Enssib publié en janvier 2010. Il est l’oeuvre de Vincent Chevalier.

L’auteur se propose d’étudier la relation établie entre ces publics et les bibliothèques, tant l’institution, le lieu physique, leurs règles et les bibliothécaires.

L’auteur pose d’abord deux problèmes majeurs pour un tel sujet. Tout d’abord, la définition du sans-abri prête à caution. Est-ce un individu vivant dans la rue ? Dans un foyer ? la définition est rude.Dans tous les cas, les sans-abris dans les situation les plus difficiles ne feront pas la démarche de venir en bibliothèque. De même, une grande partie de ces sans-abri passent incognito dans les bibliothèques.Ce problème de définition pose problème parce que la définition du sujet, à mon avis, ne  passe plus par des critères objectifs mais par le regard du bibliothécaire qui va se dire « lui, c’est un sans-abri ».

L’auteur n’ a pas réussi à interroger des sans-abris allant ou non dans les bibliothèques. Je pense que c’est le manque de ce mémoire. Les personnes interrogées ont donc été principalement des bibliothécaires.

Dans une première partie, l’auteur tente de définir les traits sociologiques dominants en mettant l’accent ensuite sur les facteurs poussant à leur fréquentation ou contraignant celle-ci. La situation géographique de la bibliothèque (cadre urbain, place centrale), son accès libre  [sauf peut-être Marseille où les sans-abris seraient (écho fait par un interviewé page 49) refoulés systématiquement par les vigiles], la possibilité de se se construire un espace en dehors des regards facilitent notamment cette fréquentation. Ce sont les barrières réglementaires (abonnement, règlement) et la frontières symbolique qui la freinent.

Ensuite, Vincent Chevalier montre l’usage qui  est fait de la bibliothèque qui est avant tout un lieu de survie. Les toilettes y sont généralement propres, il y fait chaud, les sièges confortables etc. C’est aussi une manière d’avoir une activité commune, d’être un usager lambda, de ne plus avoir de regard pesant sur soi, de se revaloriser.  Mais les usages documentaires y sont également importants. L’accès à internet notamment, à la télé à la BPI, permet de garder contact avec le monde.

Cet ensemble d’usages va rentrer parfois en contradiction avec le lieu. Ce sont notamment des problèmes de comportement (problèmes psychologiques, de comportement) qui doivent être réglés par les bibliothécaires qui ne peuvent tout tolérer dans un espace public .De même, c’est un choc de cultures qui peut se créer entre les différents usagers. La tolérance à la pauvreté dans un espace public se réduirait selon lui notamment dans un contexte de crise où les individus se projettent. EN 2009, 56 % des Français estimaient qu’ils pourraient un jour devenir sans-abri.

Face à certains usagers exaspérés par la présence des sans-abri, la nuisance qu’ils créeraient, les bibliothécaires se retrouvent donc dans une situation d’arbitrage difficile auxquels ceux-ci ne sont pas formés. Il n’y a aucune règle, c’est toujours du cas par cas. Tout dépend donc de la situation, de l’appréciation du ou des bibliothécaires. L’importance du dialogue (parfois difficile) est l’une des conditions sine qua none à la résolution des conflits. Un ensemble d’acteurs peuvent alors rentrer en compte : services de sécurité, samu social, pompiers qui font donc de la bibliothèque une maille de la ville.

La partie qui m’a passionnée est la dernière partie du mémoire qui interroge la culture professionnelle par rapport à ce sujet. On sent le malaise des personnes interrogées dans une grande partie du mémoire. Entre l’envie depuis une vingtaine d’années d’accueillir le plus possible de publics divers et l’attachement à son public traditionnel cultivé qu’il veut préserver (empruntant des livres de qualité, des bons films), les bibliothécaires sont perdus : savoir garder tous ses publics, considérer la bibliothèque comme espace de culture à protéger ou un espace public comme un autre, protéger ou pas les documents et la profession. La citation faite d’Anne-Marie Bertrand dans Bibliothécaires face aux publics (éditions de la BPI, 1995)est très révélatrice :

« La vieille ambigüité du métier de bibliothécaire se retrouve ici. Les bibliothèques veulent, doivent attirer un nouveau public (le mythique « grand public ») et étendre leur aire d’influence. Les nouveaux venus dans les bibliothèques sont des usagers particulièrement précieux, qu’il faut tenter d’accueillir, de conserver, de ne pas rebuter, d’instruire (élargir le champ des curiosités, faire découvrir autre chose). Mais, en même temps, les bibliothécaires reconnaissent que le nouveau public est bien décevant : il dort, il ronfle, il est sale…(…) Au mieux, s’il vient à la bibliothèque pour un usage normé (documentaire), il n’a pas les compétences scolaires ou bibliographiques qui lui en faciliteraient la pratique. Il ne sait pas comment se tenir dans une bibliothèque. En somme, ce nouveau public n’est pas policé comme le public habitué des bibliothèques et il pose des problèmes particuliers aux bibliothécaires. »

 

Les bibliothécaires sont aujourd’hui formés dans une plus grande ouverture face aux comportements des usagers. Mais, malgré une formation initiale touchant des thèmes comme la sociologie des publics, la gestion des ressources humaines, il me semble que les bibliothécaires devraient être formés à la gestion de conflits pour éviter de ne pas savoir quel comportement adopter et d’être dépassés par les évènements. Heureusement, le travail en équipe, l’importance de la tutelle responsable de la structure peuvent faciliter cette prise de décision, dit l’auteur. C’est donc une question politique dont Vincent Chevalier regrette qu’elle soit quasiment absente (public trop peu nombreux ? imperceptible ? ) des journées professionnelles.

 

Et comme illustration de ce problème dans l’actualité, les évènements qui se sont déroulés dans la bibliothèque Jean-Pierre Melville.

22 décembre 2010 at 14 h 42 mi Laisser un commentaire

La tune dans le caniveau de Thierry Crouzet

Thierry Crouzet, blogueur, irrévérent et invétéré, a lancé une expérience intéressante dans le domaine du livre numérique permettant d’acheter son livre La tune dans le caniveau par Paypal, l’Apple Store, Amazon, Numériklivres ou encore Immatériel. Il ya aussi possibilité d’acheter en papier. Crouzet permet même de télécharger le livre gratuitement, histoire de faire son avis et de venir acheter le livre plus tard si ça vous plaît. Que Crouzet se voit mal comme une pute community manager, je le comprends. Il sait animer un groupe de lecteurs établissant une relation de confiance avec ses ceux-ci, faisant confiance, la confiance amène la réciprocité.

Et bien sûr ici, pas d’immondices telles que des DRM.

Un petit jeu autour possible, le gain d’une liseuse numérique Cybook Orizon. L’important c’est de participer. Hein Pierre.

 

La Tune dans le caniveau est une nouvelle dont je ne sais pas définir le genre. Mais peu importe. Elle met en scène Paris dans un contexte de chaos, d’apocalypse. Les pauvres ont démis le pouvoir. Paris prend des airs de Commune. Oracle est la fille de Noam(suivez mon regard…), grand penseur de ce temps imprécis. Noam a décidé de prendre la parole au sein de l’Académie française dont il est membre. Lui ou est-ce son double virtuel en profite pour développer une réflexion politique sur la dépassement de la logique riche-pauvre, pour offrir un un discours iconoclaste. Ou comment les individus doivent se penser sans se comparer aux « riches ». Du Nietzsche post-contemporain,  l’individuation actuelle. Le réseau, le virtuel devient un lieu de construction de soi. Ici, le réseau est devenu tout. On utilise des imprimantes 3D pour constituer des armes, les livres papiers sont devenus rares et défendus par les rétrogrades.

 

Le personnage de Noam est central. Quand il décide de prendre la parole. Sa réflexion lui étant propre, il ne peut que s’attirer les foudres de la population, de tous groupes et catégories. Très en lien avec la pensée de Crouzet. Crouzet développe un monde qui prend des airs d’anarchisme révolutionnaire n’étant ni de gauche ni de droite. Un anarchisme qui prenne le réseau en compte et en lieu : liberté des moeurs, neutralité des réseaux, le libre, l sans tomber dans la tendance anarchiste de droite « vive la société de communication ». Crouzet veut dépasser le discours sur la Lutte des classes. Cependant, l’ambiance Louise Michel se fait sentir.Est-ce qu’elle est faite par pure ironie ? C’est comme un Paris communo-technologique. Le résulta d’un dépassement de deux logiques. On en vient à croire que ce Paris est un tout virtuel. Un dépassement de soi dans la mort à travers le virtuel. On continuera à vivre sur la toile post-mortem et résolvera le problème écologique.

En résulte un livre piquant, rapide  dans sa lecture et son écriture (parfois trop dans la narration), en lien avec son monde, un monde en reconstruction.

 

 

 

27 novembre 2010 at 12 h 44 mi 3 commentaires

Masse critique : Sous des cieux étrangers de Lucius Shepard

Ma participation à Masse Critique se fait donc sur le recueil Sous des cieux étrangers de Lucius Shepard aux éditions du Belial paru en 2010. Masse Critique est une opération organisée régulièrement par le site Babelio. Des éditeurs offrent des livres à des blogueurs qui en font une critique qui est mise en lien sur Babelio.

On notera le travail très intéressant du Belial, maison indépendante, qui publie une dizaine de livres par an dans le domaine de la littérature de l’imaginaire et édite la revue Bifrost. Le Bélial est très novateur, notamment dans le domaine des livres numériques.  Au fait, merci pour le livre !

Je ne connaissais pas ce bonhomme. Lucius Shepard est un baroudeur américain barbu à lunettes. Grand voyageur, il est passé en Europe, a été vendeur à la sauvette dans les rues du Caire. Journaliste freelance durant la guerre du Salvador en 1981-1982, il garde un attachement et une connaissance aigus de l’Amérique Centrale. Ce sera le sujet de certaines de ses fictions mettant parfois en scène la difficile entente entre cultures occidentale et hispanique. Shepard a écrit des nouvelles, romans et essais depuis les années 1980. Il est réputé dans le milieu SF indé. Ce recueil comprend cinq nouvelles. Certaines sont inédites en français, d’autres ont été déjà publiées en français comme Radieuse étoile verte publié dans la revue Bifrost.

Et surtout ne prenez pas peur en découvrant la couverture. N’ayant lu dans ma vie de lecteur que les classiques dans ce domaine comme K.Dick, Lovecraft et Orwell, j’avais des clichés en tête, effrayé par les sabres lasers et les korrigans. Les clichés, c’est pas bon.  Shepard développe une écriture qui transcende tous les canons de la littérature de l’imaginaire et démet à coup de masse saucée rock’n roll les portes qui séparent ses différents genres. Effectivement, entre Dead Money narrant l’histoire de morts-vivants utilisés pour jouer au poker et Radieuse étoile verte où un personnage, travaillant dans un cirque post-contemporain fait face aux mensonges et à la manipulation qui entourent sa vie alors qu’il est en pleine crise d’ado, rien à voir. Bernacle Bill le Spatial, la première nouvelle, a reçu un beau prix le Hugo en 93, classique de la SF. J’ai regardé sur Wikipedia comme Houellebecq. Le genre de celle-ci peut se définir comme du Space Opéra et ça raconte l’histoire d’un gendarme des étoiles qui prend sous sa protection un benêt tricard sur la station, personnage très touchant et visionnaire. J’ai un faible pour les deux dernières nouvelles qui se rapprochent beaucoup plus du réalisme magique, Limbo et Des étoiles entrevues dans la pierre.

Limbo, c’est l’épisode de la vie d’un bandit en cavale constante pour échapper à ses ennemis mafieux. Il s’installe au bord d’un lac, dans une résidence de chalets paisible. Shellane est un colosse solitaire, très réfléchi et sûr de lui qui va devoir affronter  la grandeur des sentiments et le doute face à une femme qui n’est pas ce qu’elle est. Il y a un moment où ça tourne mal. Des étoiles entrevues dans la pierre est aussi une nouvelle rock (Shepard a été musicien). Le narrateur est un producteur qui loge chez lui un musicien talentueux et en même temps complètement pervers et sociopathe qui n’est finalement qu’un symptôme d’une crise éruptive d’inspiration et de talent touchant du jour au lendemain une grande partie de la ville. Ce qui paraît réel, le talent, devient le produit d’une réalité autre.

Mais l’utilisation du fantastique, de l’a-normal, du para-normal n’est chez Shepard que prétexte. Il n’ y a pas volonté de s’inscrire dans une tradition. Il confesse d’ailleurs qu’il ne lit jamais de SF. Il s’agit avant tout de mettre en scène le doute, l’impossibilité pour ses personnages de se construire des convictions nécessaires pour vivre en ayant confiance, en la vie, en leur entourage. La suivi d’un des personnages notamment à travers le je amène à cette impossibilité de croire qui se traduit dans des personnages duplices dont le narrateur ne sait ni d’Eve ni d’Adam si leurs intentions sont bonnes, s’ils sont ce qu’il nous paraît. Les personnages ne savent pas qui ils sont vraiment. La réalité est constamment faussée, entre mort et vie, entre bonheur et malheur, entre réalité et fiction. La vie devient fiction. On se raconte pour vivre. C’est donc un plaisir de lecture, haletant et touchant. Ca ravigote !

 

10 novembre 2010 at 13 h 57 mi Laisser un commentaire

Réseaux sociaux et bibliothèques en Asie et Océanie


Il convient de rappeler que le congrès annuel de l’IFLA ( International Federation of library associations ) va avoir lieu du 10 au 15 août à Göteborg en Suède. Le CFI ( Comité français IFLA ) y sera bien sûr présent. Le thème de cette année est Accès libre au savoir, promouvoir un progrès durable. La notion de durable est bien sûr primordiale parce qu’elle comporte de très nombreuses dimensions. C’est presque un mot-valise qui pourrait comporter tous les enjeux essentiels liés aux bibliothèques.

Le programme des conférences annonce un programme très riche intégrant beaucoup d’enjeux sociaux dont les droits de l’homme, le multiculturalisme ou l’information médicale.

Une des conférences a particulièrement attiré mon attention. Le 15 août, elle est consacrée au réseau social dans les bibliothèques et autres organisations en Asie et Océanie. C’est l’opportunité d’avoir un autre comparatif que les seules Etats-Unis et Europe occidentale sur l’intégration du 2.0 en bibliothèque.

On peut supposer que l’utilisation des réseaux sociaux ou de l’idée du collaboratif a pu se développer de manière parfois différente dans des contextes culturels et sociaux eux-mêmes différents. je ne voudrais pas faire des conjonctures hasardeuses, c’est pour cela que je vais m’arrêter là…

On peut également remarquer des conférences sur les services mobiles ou une autre sur le web de données.

Devant ce programme alléchant, nous ne faisons qu’attendre déjà les comptes-rendus…



26 juillet 2010 at 21 h 18 mi 1 commentaire

La dimension sociale du portage à domicile.

A l’occasion de mon stage effectué actuellement à la médiathèque de Saint-Raphaël, j’ai eu l’occasion de m’intéresser aux services de portage à domicile dans les bibliothèques. En 2005, il y avait 827 bibliothèques offrant ce service pour la même année 4213 bibliothèques territoriales au sens donné par Feu la Direction du livre et de la lecture. Je n’ai pas trouvé de données plus récentes. Les synthèses sur les rapports annuels sur les bibliothèques se font de nos jours rares..

J’aurais pu m’intéresser aux formes partenariales mises en place assez diverses : association à Lyon, organisme de services à domicile à Reims, service civique volontaire à Paris mais je me suis arrêté sur la forme que prend la médiation dans un service pris en charge de manière totale  par la bibliothèque.
C’est-à-dire que presque 20 % des bibliothèques offraient ce service ! Je ne suis pas spécialiste en prospective mais je suppute que le nombre de services de ce genre a augmenté en cinq ans.
Le portage répond à plusieurs problématiques liées à la bibliothèque publique telles que la desserte d’un territoire vaste mais surtout la question de l’accès à la bibliothèque pour les publics empêchés. Dans les faits, ce sont principalement les personnes âgées qui sont les publics-cibles. Les publics handicapés sont un peu laissé de côté parce que moins nombreux et parfois moins lisibles sur le territoire. Ce qui est parfois regrettable mais s’explique également par un autre facteur sur lequel nous allons revenir.On est dans une logique de proximité qui était également en filigrane du programme des Ruches qui mettait en avant l’importance du service et de l’accueil (42% de la surface) dans des structures de petite taille. La dimension sociale y est bien sûr indéniable.

Quand on parle de dimension sociale de la bibliothèque, s’entrecoupent plusieurs domaines :
-dimension sociale des pratiques culturelles (adaptation aux pratiques culturelles avec par exemple le prêt de de wii à montpellier ou le jeu Dofus activement pratiqué en PACA, fin de l’élitisme).
-enjeux sociaux (services de formation et d’autoformation, hors-les-murs).
-La bibliothèque comme lieu de sociabilisation (Le collaboratif, la fin du silence, l’appropriation de la bibliothèque, la rencontre avec le voisin).

Le portage intègre les deux dernières dimensions. L’impossibilité de se déplacer, on le sait, peut engendrer l’isolement tant physique en territoire rural que social. C’est là où, parfois même malgré elle, la bibliothèque remplit de nouvelles fonctions. Pour connaître les goûts de l’usager, répondre de manière satisfaisante à ses goûts, le bibliothécaire doit rencontrer la personne chez elle. Cette activité nécessite du temps important, les attentes n’étant pas parfois clairement exprimées ou définies. Le bibliothécaire y est également dans le propositionnel, dans la médiation à laquelle il est le plus couramment habitué. C’est réellement un échange. Ces rencontres peuvent prendre un quart d’heure, 30 minutes, 3/4 d’heures. Mais c’est une autre dimension qui prend forme, qui s’imbrique à la médiation autour du livre. Cette médiation est totalement individuelle et se fait à domicile. Le bibliothécaire est une visite, la personne accepte d’ouvrir sa porte sur son chez-soi, sur son intimité. Il y a donc un dialogue, une création de lien social. Le bibliothécaire entre dans le quotidien de la personne, rythme celui-là. Il y a une confiance qui est établie, facilitée par le caractère institutionnel de la bibliothèque. Ainsi, l’agent pourra se retrouver à chercher dans le logement les documents perdus.

La médiation se poursuit bien sûr à un autre moment essentiel dans le choix des ouvrages qui seront amenés la fois suivante.

Cette dimension de lien social est bien sûr dans n’importe quelle bibliothèque et notamment ses services de Hors-Les-Murs. Mais je trouve qu’ici, peut-être que je me trompe,  cette dimension saute aux yeux plus pour que d’autres services. Il faut une personne au moral fort parce que des attachements peuvent se créer et des décès subvenir. Il faut de plus avoir une bonne connaissance de son territoire pour aiguillonner la personne vers un CCAS, tel service administratif etc. pour pouvoir éviter d’outrepasser ses compétences.
Ainsi, les nombreuses bibliothèques qui proposent ce service savent que le potentiel du service est fort. Ce sont des services qui marchent très bien très souvent mais qui demandent des moyens humains importants et amènent à limiter la communication sur le service sous peine d’être débordé. Dans ce cadre, alors qu’il a des potentialités, le service de portage peut difficilement devenir un service de masse au profit peut-être d’un service de qualité. Et c’est notamment pour ça que les publics handicapés physiques hors personnes âgées sont souvent moins considérés.

Il s’agit actuellement de créer une complémentarité entre le portage à domicile physique et le portage à domicile virtuel ! Les services de livres numériques via très souvent Numilog et dans une moindre mesure publie.net, les services de streaming musicaux et vidéos sont l’exemple typique d’une bibliothèque à domicile. Les services à distance permettent ainsi d’être un élément moteur d’intégration des publics empêchés dans la lecture publique comme nous le montre le fameux exemple de la Bibliothèque Numérique du Handicap développée par Alain Patez. Une complémentarité se crée et doit continuer à se développer entre ces deux services pour amener à un croisement et à un entrecroisement des services parce que l’on n’est pas encore dans le tout dématérialisé. Cette complémentarité amènerait à toucher à des publics différents (beaucoup de personnes âgées ne sont pas à l’heure du numérique) mais la communication réciproque peut amener des publics différents à emprunter des documents différents sur des supports différents.

Pour approfondir :

Un mémoire sur Handicap et bibliothèque.

Un article d’Elisabeth Dousset, conservatrice, sur la mise en place du service de portage à Bourges.

Une journée d’études sur le sujet en Champagne-Ardennes.

16 avril 2010 at 18 h 47 mi 3 commentaires

Autoformation en bibliothèque

Les étudiants de l’IUT d’Aix-en-Provence doivent chaque année rendre un projet tutoré sur un sujet assez général en lien avec les bibliothèques. Ce sont des mémoires effectués en binôme qui se veulent ainsi des synthèses sur une question.

Avec Bibliorev, nous avons travaillé sur l’autoformation. Il est en ligne sur Calameo. J’aurais bien voulu pouvoir le mettre directement sur le blog mais je crois que mes compétences en informatique ne le veulent pas…

Ntre projet s’inspire dès lors bien sûr des réflexions professionnelles récentes sur le sujet que ce soit à la BPI ou à l’Enssib avec des mémoires DCB très récents sur la question ou le BBF. Il s’est également agi de d’avoir des discussions avec certains professionnels.  Le projet émane également de réflexions plus personnelles avec notamment une dernière partie consacrée à des propositions.

Ce projet n’est pas dénué d’erreurs. Espérons qu’elles soient le plus rares possibles…

Le projet est en ligne  ICI.

26 février 2010 at 14 h 27 mi Laisser un commentaire

Donner des vibes à la bibliothèque

Un petit billet pour annoncer la naissance de netvibes abordant des thématiques liées aux bibliothèques de lecture publique formant ainsi des netvibes professionnels. Tout en abordant parfois des thématiques générales, chacun a une spécialité.

Mon netvibes aborde l’autoformation en bibliothèque comme celui-ci sur le blog de Bibliorev. D’autres touchent à la musique ici chez Bibliopholie ou chez Bibulles. Par là-bas, ça tourne autour de la question de l’intercommunalité.

Le netvibes de Tâche d’encre est sur  la question du handicap en bibliothèque, veille également entretenue par Encrinet.

Le patrimoine est développé chez Bibliocompagnie et l’Apprenti bibliothécaire.

Ces nourrissons sont encore en plein babillage mais ne demandent qu’à devenir grands…

Les thèmes correspondent à des projets tutorés effectués au sein de notre IUT. Ces projets ont été produits en binôme et se veulent des synthèses de questions sur différents thèmes. Ceux-ci d’ici peu seront accessibles sur Calameo ou Issuu : question d’affinités électives…

Voilà, voilà. Maintenant il va falloir faire vibrer ces petits objets de travail.

 

23 février 2010 at 10 h 19 mi Laisser un commentaire

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